cupure logo
Taxe sur le sucre en Allemagne en 2027 : date d’entrée en vigueur, montant et boissons concernées
Stern

Taxe sur le sucre en Allemagne en 2027 : date d’entrée en vigueur, montant et boissons concernées

Quand la nouvelle taxe allemande sur les boissons sucrées devrait entrer en vigueur, combien de centimes par litre elle ajoute, quelles boissons sont taxées et lesquelles sont exemptées (boissons zéro, jus, bière, sucreries), qui paie et qui continue de s’y opposer.

L’Allemagne prévoit de taxer les boissons sans alcool sucrées à partir du 1er juillet 2027. Le 14 octobre 2026, le cabinet fédéral a approuvé une « Zuckergetränkesteuer » (taxe sur les boissons sucrées) à deux niveaux : 26 centimes par litre pour les boissons contenant au moins 5 grammes de sucre pour 100 millilitres et 32 centimes par litre à partir de 8 grammes. Les boissons édulcorées, les jus purs, le lait, les boissons végétales et toutes les boissons alcoolisées sont exonérés. Le texte doit encore être soumis au vote du Bundestag, et certains membres de la CDU/CSU du chancelier Friedrich Merz souhaitent le modifier ou en repousser l’entrée en vigueur. Cette page répond aux questions que les internautes se posent, chaque chiffre étant daté et attribué à sa source.

Quand la taxe sur le sucre entrera-t-elle en vigueur ?

Le projet approuvé par le cabinet prévoit une entrée en vigueur le 1er juillet 2027. Le texte approuvé par le cabinet le 14 octobre 2026 est une « Formulierungshilfe », un projet que les groupes parlementaires de la coalition doivent maintenant présenter au Bundestag. Selon Welt, la décision finale doit être prise dans le cadre de la loi d’accompagnement du budget fédéral 2027, dont l’adoption est prévue fin novembre 2026. La date n’est pas encore certaine : Alexander Hoffmann, chef des députés CSU au Bundestag, a dit préférer une entrée en vigueur le 1er janvier 2028, afin de laisser aux fabricants le temps de modifier leurs recettes, et le chef du groupe parlementaire de l’Union, Thorsten Frei, a déclaré le 17 octobre que des périodes de transition étaient nécessaires.

Quel sera le montant de la taxe sur le sucre ?

Deux taux sont prévus, en fonction de la teneur totale en sucre du produit prêt à boire : 26 centimes par litre pour les boissons contenant de 5 à moins de 8 grammes de sucre pour 100 ml, et 32 centimes par litre à partir de 8 grammes. Les boissons contenant moins de 5 grammes ne sont pas taxées. Un troisième taux, plus élevé, de 38 centimes par litre pour les boissons très sucrées, souhaité par le ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD), a été abandonné dans le compromis d’octobre après son rejet par Merz. Les sirops et concentrés sont taxés selon le taux de dilution indiqué sur l’emballage, a rapporté AOK.

L’effet sur le prix payé en caisse dépendra de la répercussion de la taxe par les fabricants. Le Coca-Cola classique contient environ 10,6 grammes de sucre pour 100 ml et relève donc de la tranche à 32 centimes ; TVA comprise, WDR et le Berliner Morgenpost calculent qu’un litre actuellement vendu 1,80 € coûterait environ 2,18 € si la taxe était intégralement répercutée. La Rheinische Post estime la hausse à environ 11 centimes par canette. L’association des fabricants de boissons sans alcool wafg s’attend à ce qu’une caisse de cola ou de limonade coûte plus de 5 € de plus. Les fabricants peuvent éviter la taxe en réduisant la teneur en sucre sous les seuils.

Les boissons sans alcool contenant des sucres ajoutés, comme le cola et la limonade, sont la principale cible de la taxe prévue en Allemagne.
Photo : Rheinische Post

Quelles boissons et quels produits sont concernés ?

Selon la présentation du ministère des Finances rapportée par n-tv et le Berliner Morgenpost, la taxe concerne les boissons sans alcool sucrées, comme le cola, les limonades à l’orange et au citron et les limonades aux plantes, les thés glacés sucrés, les boissons énergisantes, les nectars et boissons aux fruits contenant des sucres ajoutés, les eaux aromatisées ou « vitaminées » sucrées, les spritzers aux fruits sucrés, ainsi que les sirops et concentrés sucrés. Krombacher a indiqué à WDR que ses Fassbrause et Spezi, ainsi que la gamme Schweppes qu’elle produit sous licence, seraient taxées selon le projet actuel.

Les boissons zéro et light sont-elles taxées ?

Non. Les boissons édulcorées, comme le Cola Zero, le Fanta Zero ou le Sprite Zero, sont exonérées. Cette exemption a brièvement été mise en doute : fin août 2026, une note de travail divulguée du ministère des Finances envisageait d’inclure les boissons édulcorées et les boissons végétales. Le 26 août, Klingbeil a publiquement écarté cette possibilité, jugeant absurde de taxer les boissons sans sucre. L’exemption a été maintenue dans le projet approuvé par le cabinet le 14 octobre.

La taxe s’applique-t-elle à la bière, aux jus ou aux sucreries ?

La bière et les autres boissons alcoolisées sont exclues, car elles sont déjà soumises à leurs propres droits d’accise, a indiqué le ministère des Finances. La bière et le vin sans alcool, ainsi que les boissons mélangées qui en sont à base, sont également exclus. Les jus purs de fruits et de légumes, les spritzers sans sucre, le lait et les boissons à l’avoine et au riz sont eux aussi exonérés. Les sucreries, le chocolat et les snacks ne sont pas concernés : le projet allemand porte uniquement sur les boissons. WDR a relevé que le gouvernement n’avait pas publié de justification détaillée à l’exclusion des aliments.

Qui paie la taxe et les petits producteurs sont-ils exonérés ?

La taxe est prélevée auprès des fabricants lorsqu’ils mettent les boissons sur le marché, et non directement auprès des magasins ou des consommateurs. L’administration des douanes doit en assurer la gestion et le contrôle. Le projet exonère les producteurs indépendants qui fabriquent jusqu’à 70 000 litres par an. Le gouvernement a également promis une exonération pour les producteurs de moins d’un million de litres de boissons sucrées par an, mais ce seuil plus élevé doit encore être approuvé par la Commission européenne, car il relève des aides d’État. Holger Eichele, directeur général de l’Association allemande des brasseurs, a qualifié de « blague » la limite de 70 000 litres.

Combien la taxe rapportera-t-elle, et à quoi servira cet argent ?

Le ministère des Finances prévoit environ 690 millions d’euros en 2027, pour une demi-année, et 925 millions d’euros en 2028, première année pleine, selon dpa et Welt. Les estimations de recettes ont varié d’un projet à l’autre : le projet du 30 septembre était présenté comme devant rapporter près d’un milliard d’euros par an, et Handelsblatt a cité d’autres chiffres tirés du texte approuvé par le cabinet. Les recettes doivent contribuer à stabiliser les cotisations à l’assurance maladie obligatoire. Le ministère estime que la consommation excessive de boissons sucrées coûte environ 2,1 milliards d’euros par an au système de santé.

Comment le projet a-t-il vu le jour ? Chronologie

26 août 2026 : après la fuite d’une note, Klingbeil exclut une taxe sur les boissons zéro. 31 août : un sondage Forsa pour Stern et RTL révèle que 55 % des Allemands sont favorables à la taxe. 30 septembre : le projet du ministère des Finances fixe l’entrée en vigueur au 1er juillet 2027. 1er octobre : la Chancellerie bloque le projet, jugé « incapable de réunir une majorité » au sein du gouvernement. 11 octobre : neuf ministres régionaux de l’Agriculture de la CDU/CSU écrivent à Merz pour s’opposer à la taxe. 13 octobre : la coalition règle le différend. 14 octobre : le cabinet approuve la version à deux taux. 16-17 octobre : des dirigeants CSU et CDU au Bundestag réclament une entrée en vigueur plus tardive et des périodes de transition.

Qui soutient la taxe et qui s’y oppose ?

Parmi ses soutiens figurent l’association de consommateurs Foodwatch, qui a qualifié la décision du cabinet de jalon pour la santé, et Andreas Gassen, président de l’Association nationale des médecins conventionnés, qui a appuyé la taxe tout en demandant que les recettes soient utilisées de manière ciblée. Parmi ses opposants figurent le ministre-président de Hesse, Boris Rhein (CDU), qui l’a qualifiée de « Teuer-Steuer » (une taxe coûteuse) destinée à combler les déficits du budget fédéral ; les neuf ministres de l’Agriculture de l’Union, qui privilégient l’éducation nutritionnelle et la responsabilité individuelle ; et la fédération des industries alimentaires BVE, dont le directeur général, Christoph Minhoff, a déclaré que « tout le monde y perd ». Coca-Cola Europacific Partners Germany a affirmé que la taxe faisait peser une charge sur les consommateurs sans garantir un changement de comportement et que, de manière volontaire, les calories des boissons avaient diminué de près de 21 % en Allemagne entre 2015 et 2025.

La taxe sur le sucre divise la coalition au pouvoir en Allemagne, des ministres régionaux de l’Union ayant écrit au chancelier Merz pour s’y opposer.
Photo : Stern

Une taxe sur le sucre est-elle efficace ? Le précédent britannique

Les deux seuils allemands, 5 et 8 grammes pour 100 ml, reprennent ceux de la Soft Drinks Industry Levy britannique, en vigueur depuis avril 2018. Au Royaume-Uni, c’est l’embouteilleur ou l’importateur qui paie la taxe ; à compter du 1er avril 2026, les taux s’élèvent à 0,208 et 0,278 livre par litre, selon GOV.UK. De nombreux fabricants britanniques ont réduit la teneur en sucre pour échapper à la taxe : les statistiques du gouvernement britannique citées par WDR montrent que la teneur moyenne en sucre des boissons soumises à la taxe a baissé d’environ 47 % entre 2015 et 2024. Il n’est pas définitivement établi que de telles taxes réduisent à long terme l’obésité et les maladies associées, a relevé WDR.

Quels autres pays taxent le sucre, notamment la Turquie ?

Environ la moitié des États membres de l’UE taxent déjà les boissons sucrées, selon WDR. La France le fait depuis 2012, et une étude de la Banque de France a conclu que la taxe avait été largement répercutée dans les prix. Fin septembre 2026, le gouvernement français a proposé une nouvelle taxe sur les aliments sucrés dans le cadre de son budget 2027. Le Portugal a instauré une taxe sur les boissons en 2017, et la Hongrie taxe depuis 2011 les boissons sans alcool sucrées, les boissons énergisantes ainsi que certaines sucreries et certains snacks salés. En Turquie, un projet de loi en 25 articles préparé par le ministère de la Santé, rapporté le 1er octobre 2026 par Cumhuriyet, Karar et Halk TV, prévoit une contribution de 20 livres par paquet de cigarettes et des taxes sur les boissons sucrées et les snacks riches en calories. Les recettes alimenteraient un « Fonds de contribution à une vie saine » prévu pour financer la nutrition scolaire et les programmes d’aide au sevrage tabagique.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Novembre 2026 : les groupes de la coalition devraient adopter la taxe dans le cadre de la loi d’accompagnement du budget 2027, dont le vote final est prévu à la fin du mois ; des modifications concernant les périodes de transition ou la date d’entrée en vigueur restent possibles. Avant juillet 2027 : la Commission européenne doit approuver l’exonération des petits producteurs jusqu’à un million de litres, et l’administration des douanes doit mettre en place l’enregistrement des fabricants et leurs déclarations de taxe. 1er juillet 2027 : la taxe entrera en vigueur si le calendrier est respecté. Cette page sera mise à jour à chaque étape.

Sources

Commentaires

Lire cet article dans d'autres langues

Actualités similaires de sources externes

Cupure rédige les actualités essentielles du jour en sept langues, vérifiées auprès de sources fiables. Le nom vient de l'expression française « coupure de journal » — notre promesse d'une information concise et pertinente.

Pour toute demande publicitaire, suggestion de contenu ou pour signaler un problème concernant une actualité ou un contenu, vous pouvez nous contacter. Nous apprécions vos retours. Formulaire de contact